Scénographie

Réunir dans un souffle, l’homme et le double infini de l’homme pour qu’il s’accordent, enfin, à ne plus brader l’immensité des mystères aux logiques affamés du réel. Chercher l’Ekklesia d’une solitude par la scénologie d’un dédoublement. Voici les principes de notre scénographie. Ce qui nous impose de dissocier l’espace d’interprétation et l’espace dereprésentation

À l’avant-scène se trouve l’espace d’interprétation, espace de parole qui se construit autour de Dgiz, conteur moderne de cette fable

Derrière lui, l’espace de représentation, espace de la jongle et du Paillasse, présente la figure iconique et muette de Job évoluant dans un environnement onirique composé de nuées de sacs en plastique

Jean Lambert-wild et son équipe continuent leur travail de réflexion sur l’utilisation des technologies. Léopold Frey poursuit le développement des systèmes Entropie, Luminaria, Retes et Voix électronique et conçoit pour Le Malheur de Job le système AMIS. Ces outils construisent d’autres espaces transversaux : Le système AMIS Au sein du texte, Job fait face à ses amis dont les questionnements exercent un regard critique sur sa situation et son histoire. Chaque soir, Job fera face à la communauté rassemblée au Théâtre. Le public convoqué constituera alors ses amis. Il s’agit d’offrir à cette communauté un espace d’écriture, un espace de mémoire, un espace critique qui dépasse, prolonge et perpétue l’espace de la convocation et de la représentation. Nos écrans de téléphone sont aujourd’hui saturés de messages vides de sens, sans mystère et sans utopie. Nous avons souhaité faire en sorte que ces espaces intimes deviennent des écrans de sens. Le Malheur de Job est l'occasion du développement du système AMIS. Frédéric Révérend et Jean Lambert-wild mènent un travail dramaturgique spécifique sur les discours des amis de Job pour établir une liste de messages reprenant les questions fondamentales du texte. Les numéros de téléphone des spectateurs sont recueillis en amont du spectacle, puis entrés dans l'ordinateur. Au cours de la représentation, ces questions sont envoyées par SMS aux spectateurs. Ils peuvent y répondre, les transmettre à d'autres personnes, ou simplement les conserver

Leurs réponses sont archivées et diffusées sur le site internet de la Comédie de Caen

Un espace musical et luminescent Travaillant avec le logiciel de multi-diffusion Entropie, Jean-Luc Therminarias compose un espace musical composé de masses sonores mouvantes qui entourent les spectateurs. Jean Lambert-wild et Jean-Luc Therminarias poursuivent également leur travail sur le choeur, l’oralité et la musicalité des voix grâce au système Voix Electronique, logiciel de traitement de la voix en temps réel utilisé pendant la représentation par le comédien Stéphane Pelliccia

La lumière, comme une corde de piano ou de violon pouvant vibrer selon plusieurs fréquences de résonance, est sensible aux fréquences et aux modulations de résonance des voix et de la musique. Ainsi, Luminaria, logiciel de création et de régie lumière, regroupe un logiciel de lumière traditionnel et un système ouvert et évolutif, dont les paramètres, définis en fonction du projet musical et poétique, permettent une interactivité complète ou partielle entre son et lumière. Contrairement à un jeu d'orgue traditionnel, une mémoire n'y est pas considérée comme un état lumineux fixe mais comme un état en perpétuel mouvement

Le système Retes constitue un réseau permettant l’interaction entre les différentes régies (échanges d'informations entre les régies, pilotages à distance...)

LE MALHEUR DE JOB Enfouissement sous quelques extraits du Livre de Job un spectacle de Jean Lambert-wild, Jean-Luc Therminarias, Dgiz, Jérôme Thomas, Martin Schwietzke