Le système Daedalus

 

Le système Daedalus à été conçu pour Orgia et son exploitation sera exclusive à ce seul cadre poétique.

Nous avons cherché à suggérer une impression d’enfoncement, à matérialiser les échanges poétiques entre les différentes voix, à questionner notre capacité à interroger le vivant, à poser, lors des répétitions la question du simulacre - le paradoxe du comédien dont parle Diderot – par l’interface entre les états physiologiques des comédiens et du décor. Mais surtout à dessiner un cadre spatial où des signes mystérieux puissent s’accrocher et exister au milieu des Ondulations aléatoires d’émotions produites par les échanges entre sons et sens. 

Pour être un peu plus technique, le système Daedalus est construit sur une interface scénique entre des comédiens et des organismes artificiels. Ces organismes artificiels sont modélisés et conçus à partir d’algorithmes inspirés de certains organismes vivants que l’on peut rencontrer au fond des océans.

Nous nommons ces organismes artificiels des Posydones

Pour mettre en place le système Daedalus nous avons utilisé le paradigme des systèmes multi-agents. Chaque Posydone est donc un agent, c’est-à-dire pour reprendre la définition de Demazeau “Une entité réelle ou virtuelle qui évolue dans un environnement. Elle est capable de percevoir cet environnement, et d’agir dans cet environnement. Elle peut communiquer avec d’autres agents, et possède un comportement autonome. Ce comportement peut être perçu comme étant une conséquence de sa connaissance, de ses interactions avec les autres agents et du but qu’elle essaie d’atteindre. ” Ce concept nous a permis, d’une part, de donner aux Posydones la perception de l’espace scénique dans lequel ils évolueront et d’autre part, de les faire communiquer entre eux. 

Les comédiens, modélisés par des agents, évoluent dans le même environnement. Ils agissent sur les Posydones par un ensemble de capteurs qui enregistrent leurs états physiologiques (révélé par le rythme cardiaque, l'amplitude respiratoire, la conductivité de la peau, la variation de température) et de dégager ainsi, leur cinèse moyenne. 

Il faut imaginer que les capteurs sont les “sens” des Posydones. Ils leur permettent de voir, de sentir et d’entendre les acteurs. Les stimuli de ces “sens” activant des comportements que nous avons inscrits dans chaque espèce.

Nous avons conçu deux espèces de Posydones : les Apharias et les Hyssards.

Chaque espèce a un comportement spécifique. De même, chaque individu d’une espèce à une attitude spécifique. 

Les Posydones ont une durée de vie limitée. Ils doivent se nourrir, se reproduire, dormir… 

Reste, à rendre accessible pour les spectateurs la visualisation de ces “marionnettes vitalisées”. Cela tient essentiellement à la finesse des algorithmes de comportements que peut calculer le système Daedalus, à la fluidité des actions/réactions entre les comédiens et les Posydones et, bien sûr, à la qualité de l’illusion d’optique que nous n’aurions jamais obtenue sans le logiciel AAASEED conçu par Mâa Berriet.